• BREXIT, LES MENSONGES

    Par Denis Macshane, ancien ministre des Affaires européennes du gouvernement de Tony Blair.

    Il faut admirer le culot de Marine Le Pen. Il y a trois ans, elle avait récupéré pour ses comptes Facebook et Twitter le drapeau britannique, notre Union Jack. Le vote pour le Brexit était la preuve, selon elle, que les anti-européens de France étaient du bon côté de l’histoire. Nigel Farage était son héros. L’Albion n’était plus perfide. Les Brexiters étaient les nouveaux Titans.

     

    Aujourd’hui, elle salue toujours la Grande-Bretagne comme l’exemple à suivre, mais la vérité est toute autre. Le Brexit a été néfaste pour la Grande-Bretagne. La Première ministre, Theresa May, a promis 108 fois (!) à la Chambre des communes que le Royaume-Uni serait sorti de l’UE le 29 mars 2019.

     

    Un Brexit agonisant

    Mais comme Henri IV à Canossa, Theresa May s’est mise à genoux devant le président Macron et la chancelière Merkel pour obtenir une prolongation à l’agonie du Brexit. Celle-ci devrait durer jusqu’à la fin du mois d’octobre, si ce n’est jusqu’en 2020 au vu du mécontentement général des ministres, députés, et autres représentants des secteurs économique ou universitaire…, des dirigeants d’Ecosse et du pays de Galles et de toutes les grandes villes d’Angleterre.

     

    Selon une analyse de Standard and Poors, le Brexit a coûté au Royaume-Uni 3% de son PIB, soit 76 milliards d’euros, ou 2 700 euros par foyer. Et ceci, avant même que le Brexit ne prenne effet. Tous les constructeurs automobiles en Angleterre (Honda, Nissan, Toyota, Jaguar, Land Rover ou BMW) ont fait savoir qu’ils ne pouvaient pas continuer à produire des voitures dans une Grande-Bretagne amputée du marché intérieur et de l’union douanière de l’UE qui est du reste la politique officielle du gouvernement britannique sous la pression de ses militants anti-européens.

     

    Bien sûr, le Royaume-Uni ne s’est pas effondré. La livre a été dévaluée de 15%. La Banque d’Angleterre stimule la demande intérieure en produisant de l’argent, dettes et déficits ont été minorés pour maintenir la Grande-Bretagne à flot.

     

    Selon Mme Le Pen, notre «taux de chômage est au plus bas, ils ont créé deux fois plus d’emplois qu’en France, et les salaires ont augmentés après l’arrêt de l’immigration massive». En réalité, six Etats membres de l’UE ont un taux de chômage inférieur à celui du Royaume-Uni. Depuis l’époque de Mme Thatcher, le marché du travail britannique se fonde sur des emplois peu rémunérés et le versement de subventions massives offertes aux employeurs qui proposent de bas salaires. Ces subventions représentent 3,2% des dépenses de l’Etat. Si vous travaillez une heure par semaine, vous êtes considéré comme ayant un emploi. Beaucoup de travailleurs doivent avoir 2 ou 3 emplois pour joindre les deux bouts à la fin du mois.

     

    Quant à l’immigration, elle a augmenté depuis le Brexit. Les dernières statistiques montrent que 627 000 immigrants sont arrivés au Royaume-Uni au cours des douze derniers mois. Plusieurs centaines de milliers de citoyens britanniques sont établis en Espagne, en France, au Portugal et dans d’autres pays de l’UE. Et tous seraient obligés de rentrer au pays parce que le Brexit prive les Anglais des droits des citoyens européens, de l’accès aux droits médicaux ?

     

    Un tube de super colle

    Le Brexit a détruit la réputation de Mme May et de sa classe politique. Les attaques racistes contre les citoyens européens se sont multipliées, la haine suscitée par le Brexit divise la société, les communautés, voire les familles. L’Etat ne peut plus fonctionner, l’Ecosse réclame le droit de rester en Europe en se séparant de l’Angleterre. Les partis politiques se fragmentent. Le Brexit est comme un tube de super colle qui bloque tous les mécanismes du gouvernement et de la politique.

     

    La France peut se consoler de l’échec du Brexit. La majorité des citoyens britanniques, 61% selon le dernier sondage, ne soutient plus le Brexit. Si quelqu’un en France veut croire au conte de fées de Mme Le Pen sur le Brexit, il peut prendre le premier Eurostar pour la Grande-Bretagne – avant que Mme May ne commence à imposer des visas à tous les visiteurs en Angleterre – et il sera face à un pays malheureux, incertain, et divisé.

     

    Denis MacShane ancien ministre des Affaires européennes du gouvernement de Tony Blair.

    ♦♦♦


  • Commentaires

    1
    Samedi 11 Mai à 09:52

    Bonjour Luc ! très interessant de lire ce rapport et je t'en remercie fortement çà me "conforte" de penser qu'il n'est pas souhaitable que cette LE PEN soit élue elle mettrait le "souc" c'est mon humble avis . Bon WE !

    2
    Samedi 11 Mai à 10:34

    Bonjour Luc , oui ton article intéressera mon mari britannique et je repasserai le lire à tête reposée ! . La politique n'est pas mon fort mais j'essai de me tenir au courant le plus possible ! . Bonne fin de semaine à toi , amitiés , escapade , 

    3
    Samedi 11 Mai à 11:35

    Après avoir  lu  le bouquin  de  de Villiers ,  je  constate   que  l' Europe  est  une vaste  arnaque, avec les Usa et  Soros en  arrière  plan, et  que  les pères   fondateurs étaient des traitres !

    Si  Marine  a changé   son  fusil  d' épaule, c' est  qu' elle  s' est  mise   à  imiter  tous  les autres  politiques !

     En ce qui  me concerne, le mondialisme   à la macron   ne  m'intéresse  pas , je  préfère  le  nationalisme !

     C' est  fou de lire  qu' avant  Bruxelles,  c' était  parait  il  l' enfer  pour  voyager !

    4
    Samedi 11 Mai à 17:17
    J'ai déjà du mal avec la politique française, alors, la britanique ...
    J'avoue que j'ai du mal à tout comprendre.
    " Bon week end, mitigé ...
    Ma saloperie de sciatique est revenue malgré mon usage du smartphone pour ne pas passer trop de temps à l'ordi !
    Bisoux qui en ont marre, vraiment. "
    5
    Dimanche 12 Mai à 07:27

    Bonjour Luc, cela ne pouvait pas se passer plus mal, ce Brexit ! La faute à qui, encore une fois ? aux politiques qui ne respectent ni le peuple, ni leur propre conviction ! C'est le foutoir généralisé. Quand on voit le film "moi, Daniel Blake",on est bien renseigné sur la société libérale anglaise "à tout va" et on voit à quoi voudrait arriver Macron en précarisant tous les emplois, en réduisant tous les services publics à la version congrue...

    Et l'Europe accepte bien tous ces atermoiements, jusqu'ad vitam aeternam, sans doute ? On est dirigés par des pingouins, alors, rien d'étonnant !

    Sur ce, bon dimanche.

     

     

    6
    Lundi 13 Mai à 15:55

    Coucou Luc et il va falloir encore aller voter dans quinze jours frown !! . Bonne semaine  à toi , amitiés , escapade ,

    7
    Lundi 13 Mai à 21:04

    Bonjour Luc !!! Moi tout d'abord je suis heureuse de te savoir de retour et que ton voyage c'est bien passé. Puis pour les Britanniques ... je dis un peu comme Dom... mais je me souviens lorsque j'était en Espagne que il y avait des milliers des Anglais qui venaient pour leur retraite acheter une maison au bord de la mer à Benicarlo d'Espagne... Je croirai toujours à la force de l'Europe et idiot pour ceux qui ne la veulent pas comme une dame que je ne nommerai pas car elle ne le mérite pas. Quoi que !!! quoi que !!!j'aimerai toujours ...et oui ! il faut être logique avec soi mêmeyeshe Bisous Luc ! nani

    8
    Mardi 14 Mai à 16:58

    Bonjour Luc

    Les Anglais regrettent ...

    quant-à la Marine, je ne l'écoute pas !

    Bises, bonne soirée

    9
    Mercredi 15 Mai à 10:26

    Il semble à écouter certains 'observateurs' avisés que BREXIT ou NO BREXIT, la Grande-Bretagne et surtout son peuple et nombre de ses collectivités publiques s'enfoncent dans la misère. C'est peut-être aussi pourquoi Gallois, Écossais, Irlandais du Nord, qui, à défaut d'une autonomie vraie, se considèrent trop périphériques par rapport à la 'City' et ses options politiques, sont tentés par l'idée de quitter le navire. Les 'rats', prudents, eux, ont déjà déménagé leurs provisions ailleurs.

    10
    Vendredi 17 Mai à 08:58

    Bonjour Luc. J'étais curieux de savoir si tu étais revenu. Je vois que oui. Comme Dom, je ne m'attarde pas trop sur la grande Bretagne. Sans militer, je reste fidel à mes idées, et donc je voterai pour la liste PC en espérant qu'elle dépassera la barrre des 5 % A bientôt. Amitié. Hugues

    11
    Samedi 25 Mai à 13:50

    Bonjour Luc ! Tes articles sont très intéressants et les commentaires divers et variés. Dommage que tu ne publies pas plus souvent ; tu es peut-être souvent en mer -ou en Océan-

      Dimanche j'irai voter, mais certainement pas pour l'extrême-droite qui a fait la démonstration de sa violence par le passé et son incompétence dans les communes racistes comme Béziers.  Marine le Pen a tout de même festoyé  à la mémoire d'anciens hauts dignitaires du régime nazi, il ne faut pas le perdre de vue ; elle est donc mal placée pour nous parler de démocratie, de justice et de liberté.

    Je crois que je vais voter le plus à gauche possible ; pour ceux qui prônent vraiment des idées pour en finir avec le capitalisme et les fachos et nous permettent encore de croire qu'un autre monde est possible.  15000 jeunes vendredi à Paris pour le Climat ; ils n'avaient ni gilets jaunes ni masques à gaz ; ils me "regonflent à bloc !".  Vive la jeunesse !

    Longue vie à ton blog !

    Très cordialement.

    Eliane Roi.

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